Gnawa Transe avec Maalem Mustapha Bakbou

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Les Gnaouas sont pour une partie d'entre eux, des descendants d'anciens esclaves noirs issus de populations d'origine d'Afrique noire (Sénégal, Soudan, Ghana...). Ce terme identifie spécifiquement ces populations au Maroc, et de là, leur nom s'est diffusé à leurs homologues du Maghreb.

Ils furent amenés par les anciennes dynasties qui ont œuvré à l'histoire du Maroc, en commençant par l'empire Almohade, pour les travaux et les bâtiments des palais et le renforcement des armées (garde noire reprise par les dynasties marocaines suivantes).

La constitution en confréries des gnaouas à travers le Maroc s'articule autour de maîtres musiciens (les mâallems) et/ou de rituel, d'instrumentistes (quasi exclusivement les qraqeb (ou qrâqech) -- sorte de crotales -- et le guembri), de voyantes (chouaafa), de médiums et de simples adeptes. Ils pratiquent ensemble un rite de possession syncrétique (appelé lila au Maroc, diwan en Algérie) où se mêlent à la fois des apports africains et arabo-berbères et pendant lequel des adeptes s'adonnent à la pratique de la transe à des fins thérapeutiques.

Le Festival des Gnaouas d'Essaouira au Maroc est un haut lieu de rassemblement annuel de ces confréries ou écoles. Le festival Diwane de Bechar en Algerie constitue l'autre grand espace d'expression de cet authentique art.
Selon de vieux et rares érudits Gnaouis, la musique et les rituels Gnawas, auraient des origines communes avec le Vaudou, la Santeria cubaine et le Candomblé brésilien. Ces pratiques d'origines Yoruba, Angola ou encore Fon ont dû se métamorphoser pour survivre et adopter l'islam comme religion afin d'assurer leur continuité (de même pour leurs cousins qui ont dû adopter le christianisme en Amérique).

Pendant la période coloniale, plusieurs chercheurs et anthropologues tentent de comprendre et de classifier le système religieux au Maghreb. Les Gnawa sont, dès la fin du XIXe siècle, identifiés comme une confrérie religieuse populaire dont les pratiques thérapeutiques seraient l'héritage de cultes animistes subsahariens « importés » par des générations d'esclaves retenus au Maghreb.

Dans le Maghreb le terme " Soudani" est utilisé pour désigner toutes les populations d'origine subsaharienne à la peau noire et par extension " esclave ou descendant d'esclave " quel que soit leur pays d'origine (et donc pas uniquement le Soudan). Le terme " Abd ou Abid" signifie clairement " esclave ou descendant d'esclave", ou en langues berbères, le terme "Akli"

En effet, les travaux sur le culte des saints maghrébins ou sur la traite négrière en terre d'islam ont tenté d'identifier la provenance de cette communauté et de ses pratiques rituelles en explorant l'origine du mot « Gnawa ». L'explication fournie par Maurice Delafosse en 1924, est restée pendant longtemps l'unique référence étymologique du mot et fut adoptée par des générations de chercheurs. Selon Delafosse, l'expression berbère akal-n-iguinaouen qui signifie pays des Noirs, aurait donné naissance au mot Guinée et au mot « Gnawa » par ressemblance phonétique. Gnawa, signifierait donc, par extension, homme noir ou venant du pays des hommes noirs( Afrique subsaharienne).
Toutefois, en l'absence de données historiques probantes, seules cette parenté phonétique a permis d'appuyer l'hypothèse de l'origine subsaharienne de cette communauté et de ses rituels. Les chercheurs contemporains admettent qu'il est difficile aujourd'hui d'identifier l'origine des Gnawa à partir de leur nom.

D'autres confréries religieuses, dites d'anciens esclaves, apparentées aux Gnawa du Maroc, existent bel et bien mais sous des noms différents dans divers pays d'Afrique du Nord ".
Les rituels des Gnawa de Tunisie (appelés Stambali) et d'Égypte (appelés Zar), d'Algérie (appelés Diwan ou Bori Haoussa) ou du Maroc (appelés Gnawa) se ressemblent sur certains points (attestant ainsi une origine commune) et divergent sur d'autres points du fait des parcours spécifiques que ces gnawa rencontreront dans les sociétés d'accueil au cours des siècles. En Libye, ce genre musical existerait dans le Fezzan sous le nom de "Stambali".
Ainsi, ces rencontres et déplacements entre l'Afrique noire et blanche ne se limitent pas aux échanges de communautés serviles mais préparent aussi progressivement l'émergence de confréries telles que les Gnawa au Maroc, les Diwan en Algérie ou les Stambali en Tunisie et leurs autres homologues de Libye et d'Égypte.